mercredi, 31 octobre 2018 17:09

Edito #6 : Augmentation du prix des carburants, explications

On a beaucoup communiqué sur le changement de noms des carburants à la pompe, théoriquement intervenu le 12 octobre dernier, alors qu’il n’a pas traumatisé les automobilistes, en revanche le principal changement à la pompe observé par nos concitoyens, a été l’augmentation importante du prix au litre.

Face à cette situation, les français s’indignent et un appel au blocage des routes pour le 17 novembre prochain a été lancé, tandis qu’une pétition pour faire baisser les prix à la pompe a déjà collecté plus de 200 000 signatures…

Je peux comprendre cette réaction, mais face au caractère démagogique de cette polémique nous devons analyser la situation objectivement.

 

Pourquoi le prix des carburants augmente ?

Concernant les causes explicatives de la hausse des carburants on peut les répartir en 3 origines :

1) le prix du baril de pétrole

2) le trajectoires carbone et diesel prévues par l‘ancienne majorité

3) l’accélération de la trajectoire de notre fait en 2018 pour sortir d’une économie carbonée dont l’impact environnement santé est très négatif

 

La hausse du prix des carburants à la pompe est PRINCIPALEMENT due à la hausse du prix du baril, qui flirt avec les 80 dollars le baril. Les raisons de cette hausse sont géopolitiques, elles n’ont rien à voir avec la taxation TICPE française nous n’avons aucune prise dessus, le gouvernement n’y est strictement pour rien. Après les sanctions de Washington contre Téhéran qui entreront en vigueur à partir du mois de novembre, c'est la situation des exportations iraniennes qui cristallise les inquiétudes avec une crainte forte de limitation de l'offre s’ajoutant au contexte de baisse des réserves mondiales.

Les marchés pétroliers ne semblent pas avoir les moyens de compenser cette inquiétude de nature à faire bondir les cours, même si certains membres de l'OPEP, ainsi que la Russie, ont augmenté leur production ces derniers mois, en dépit de leur accord de réduction signé en 2016. Il subsiste un sérieux doute sur leur capacité à absorber le recul programmé des exportations iraniennes, d’où accroissement du prix du baril. On peut calculer cette part de l’augmentation, elle est majeure se situant à environ 30 centimes par litre ! C’est elle qui devrait donc s’attirer les foudres de l’opinion !

Pour le reste l’enchérissement du prix des énergies fossiles, a été programmé par la précédente majorité, nous l’avons confirmé et accentué, car il est primordial d’opérer une transition énergétique capable de lutter efficacement contre le réchauffement climatique. La condamnation des activités humaines responsables du dérèglement climatique ne suffit pas elle doit être prolongée d’une réaction urgente, d’actes, et d’un courage politique pour les assumer de façon responsable.

Le gouvernement entend alléger la facture de carburants des Français en orientant le choix de nos concitoyens vers un renouvellement du parc automobile dirigé vers les générations de véhicules électriques et hybrides aux consommations énergétiques moins couteuses et plus écologiques. Il y a plus d’économie potentielle, plus de gain de pouvoir d’achat à libérer les français du pétrole et des énergies fossiles, que d’aménager les taxes pour réduire l’impact du hausse du prix du pétrole qui est inéluctable à terme, puisque cette énergie se raréfie. Les stocks étant évalués à une quarantaine d’années.

Ceci précisé, le gouvernement, conscient du coût qu’un changement de véhicule représente, et du fait que beaucoup ne peuvent pas se le permettre, a choisi d’offrir une compensation significative Il s’agit du renforcement de la prime à la conversion pour les véhicules polluants, dispositif connu sous le nom de prime à la casse. Renforcement porté par le projet de loi de Finances 2019.

Le Gouvernement va reconduire cette prime en 2019, en renforçant les budgets initialement envisagés : 570 M€ sont prévus dans le projet de loi de finances pour le financement du bonus électrique et de la prime à la conversion (180 M€ de plus que prévu initialement).

 

Prime « à la casse » : un véritable succès

Depuis son instauration début 2018. Moins d’un an après son lancement :

- plus de 200 000 demandes ont été enregistrées, il y aura plus de 250 000 demandes sur l’année, alors que l’objectif initial était de 500 000 conversions sur le quinquennat ;

- 70 % des bénéficiaires sont des ménages non imposables : l’ambition solidaire de la prime est donc pleinement réalisée ;

- 95 % des bénéficiaires résident en dehors d’Île-de-France : cette mesure apporte une solution concrète dans les territoires, dans les zones rurales.

 

La prime sera adaptée pour orienter les Français vers des véhicules plus écologiques. Par ailleurs, elle sera renforcer sur les véhicules électriques et hybrides rechargeables :

- la prime actuelle est de 1000 € pour les ménages imposables, 2000 € pour les ménages non imposables pour l’achat d’un véhicule aux émissions de CO2 plus faibles ; dans le cas de l’achat de véhicules électriques neufs, elle était bonifiée à 2500 € ;

- cette prime bonifiée de 2500 € sera étendue aux véhicules hybrides électriques neufs, et, pour les ménages non imposables, à l’achat de véhicules électrique ou hybrides rechargeables d’occasion.

 

Bruno LEMAIRE, à la marge de ce dispositif déjà acté, a prévu de rencontrer les constructeurs automobiles dans le but de les amener à s’investir davantage encore dans ce dispositif et à proposer des véhicules propres à bas coût.

S’agissant de la précarité énergétique que la dépendance au fuel induit, une même philosophie a conduit le gouvernement à accompagner le changement de mode de chauffage, l’achat d’une chaudière à gaz par exemple étant subventionné à hauteur de 30% du coût total. Mesure complétée par des crédits d’impôt alloués pour différents travaux d’isolation thermique.

La transition énergétique que nous souhaitons tous pour préserver les chances et la qualité de vie des générations futures et pour protéger les équilibres naturels, les écosystèmes et la biodiversité impose des choix politiques et une solidarité nationale, afin que tous puissent y prendre part et en bénéficier. La société civile peut, plutôt que de subir cette révolution des modes de production, de consommation et des comportements, l’alimenter et innover.

Le co-voiturage, né d’initiatives citoyennes en est un parfait exemple qui mérite d’être accompagné, encouragé fiscalement par l’Etat. La loi de finances pour 2019 l’a déjà acté, il faut valoriser ce type de ressort sociétal. La transition énergétique et écologique c’est vous, c'est nous !