dimanche, 11 novembre 2018 18:39

Célébrations du centenaire de l'armistice 1918-2018

100 ans, 100 ans déjà, nous séparent de ce jour d’automne où dans la forêt de Compiègne est signé l’armistice mettant fin à quatre années de combats d’une violence inouïe. La France y perdit plus d’un million et demi de vies humaines et y déplora plus de trois millions de blessés, de mutilés, de « gueules cassées ».

Chaque département, chaque commune, chaque famille ont payé un lourd tribut à cette guerre folle qui ravagea une génération entière et meurtrit autant les chairs que les esprits. La Charente-Maritime, la Charente inférieure comme on l’appelait à l’époque, connut aussi son lot de souffrances avec pas moins de 15000 victimes. Notre mémoire collective restera à tout jamais marquée par cette hécatombe.

La parole de nos anciens combattants est inestimable parce que rare. Tous portent des messages de paix car ils ont connu l’insoutenable et l’insoutenable ne se partage pas. Leur mémoire donne aux générations d’aujourd’hui comme de demain, la responsabilité d’entretenir le souvenir de toutes les victimes et de leurs familles dont les vies furent brisées pour la France. Il nous appartient, plus que jamais, dans le monde difficile dans lequel nous vivons, de plus en plus menacé par la folie de certains, de ne jamais oublier. C’est un devoir pour la mémoire et donc pour l’avenir de nos enfants.

Voilà pourquoi, j’ai voulu, en ce jour si particulier, rendre un hommage tout particulier aux portes drapeaux et aux présidents des associations patriotiques, les sentinelles de notre mémoire collective. Ils sont présents par tous les temps, qu’il pleuve qu’il vente, qu’il neige, qu’il fasse un soleil de plomb ou un froid glacial, toujours debout, au cours de cérémonies souvent longues, portant a plein bras le drapeau et sa hampe, un poids non négligeable. Ils le font par conviction et bénévolement, pour transmettre la mémoire de tant et tant de soldats tombés pour que vive la France.

Chaque drapeau appelle non seulement à se souvenir, mais aussi à connaitre notre passé et à le partager avec tous, car comme le disait le philosophe Schopenhauer « l’histoire est pour un peuple ce que la conscience est pour un homme, un peuple qui oublie son histoire est un homme qui perd sa conscience ». Il ne s’agit évidemment pas de s’enfermer dans l’histoire, dans un esprit fait de nostalgie et de regrets, mais pour à partir d’un passé reconnu, mieux se tourner vers l’avenir.

Il s’agit de rappeler pourquoi ils se sont battus et ont perdu la vie ou la santé, c’est-à-dire pour notre pays, pour la république, et tout ce qu’elle représente en termes de valeurs fondamentales. Il ne s’agit pas d’égayer des cérémonies par la présence de nos couleurs nationales mais de rappeler à chaque fois ce qu’elles signifient : Liberté, Egalité, Fraternité.

Je sais également qu’à l’heure où nous n’avons plus parmi nous de témoin de la première guerre mondiale et que s’éclaircissent les rangs de ceux qui ont combattu entre 1939 et 1945 et même dans les conflits d’après-guerre, ils sont confrontés à un autre enjeu de taille, celui de passer le relais pour que les cérémonies  continuent à voir flotter les drapeaux qui ont fait notre histoire.

Je pense aussi, aux actions et réflexions engagées par les établissements scolaires et salue l’investissement des élèves qui ont participé activement aux célébrations de ce centenaire comme j’ai pu le constater ce matin à Saint-Vivien.

Les portes drapeaux sont des serviteurs anonymes, d’un grand engagement personnel basé sur le sens du devoir, de l’honneur, de la rigueur et de la discipline, qui honorent avec la plus grande dignité une fonction hautement symbolique pour la mémoire de ceux qui sont morts pour la France et pour la République. C’est cet engagement civique, l’engagement personnel et bénévole de chacun au service d’une association, d’une communauté de mémoire, d’un idéal national que je souhaite honorer aujourd’hui.

Je veux ainsi manifester à leur intention tout mon respect, toute mon estime et toute ma reconnaissance.

 


Monument aux Morts de la commune d'Angoulins

Lu 73 fois Dernière modification le mercredi, 14 novembre 2018 09:19